Les élus soutiennent le Méliès à Grenoble face au désengagement de l'Etat (CNC) • 1

Je vais tout d’abord lire la fin de la contribution de Najat Vallaud-Belkacem, vice-présidente du Conseil régional en charge de la Culture qu’elle m’a demandé de bien vouloir porter à votre connaissance, sachant que cette contribution a été écrite avec l’accord et le soutien de Jean-Jack Queyranne, président du Conseil régional Rhône-Alpes.

«Actuellement, l’aide régionale est adossée à celle du CNC, ce qui empêche la Région de soutenir les projets refusés en commission d’aide sélective : avant l’été, il n’en sera plus ainsi pour les projets municipaux ou associatifs, qui pourront bénéficier directement de subventions régionales, après examen attentif par nos services. Nous accompagnerons évidemment le Méliès, et nous continuerons de défendre – avec les réseaux régionaux – la nécessité de maintenir un tissu dense de salles indépendantes en Rhône-Alpes. »

Cette décision est une décision qui marque l’évolution sensible de la politique du Conseil régional puisque auparavant comme vous l’avez compris nous ne donnions pas au Conseil régional de subvention si l’aide sélective n’était pas accordée par le CNC. Après la réunion qui a eu lieu ici même en présence du Département, de la Région et de la Ville, il a été décidé étant donné le nombre de dossiers important en Région, l’attitude du CNC et donc de l’Etat parce qu’il faut appeler les choses par leur nom, que la Région soutiendrait les salles indépendantes et ne tomberait pas dans le piège qui est actuellement tendu et qui est le vrai problème de ce dossier qui est qu’aujourd’hui on essaye de faire en sorte que les élus locaux se sentent coupables d’accorder des subventions à des projets culturels et éducatifs aujourd’hui pour le cinéma, demain qui ne nous dit pas que les mêmes attaqueront les subventions pour le théâtre, pour la danse ou pour toute autre forme d’équipement culturel pour lesquels les collectivités interviennent déjà et dans cette région et dans cette ville en particulier souvent ensemble et très fortement. Personnellement, en tant qu’ancien adjoint à la Culture et donc celui qui a porté avec d’autres, toute la majorité municipale réunie et même l’opposition, dès le début, le dossier du cinéma le Méliès, je ne le cache pas et je l’ai déjà dit y compris pendant la campagne électorale puisque c’est la seule question culturelle qui est remontée en réunion publique pendant cette campagne-là. La question du Méliès, je ne cache pas ma vraie colère devant une décision incompréhensible, non annoncée et qui très sincèrement sur ses motivations me paraît pour le moins très bizarre. Je voudrais dire, parce que je ne veux pas être trop long, qu’on ne peut pas avec aplomb expliquer que la dette et des déficits de l’Etat explosent parce que les collectivités ne tiendraient pas leurs finances locales quand par ailleurs on se retire de tous les dossiers et on laisse les collectivités financer seules des projets sur lesquels l’Etat dont la mission de politique publique est ici totale l’Etat choisit unilatéralement de ne pas s’engager, de ne pas venir sur un projet qui n’a rien d’un projet de concurrence déloyale à l’égard des autres acteurs. (...)

Je veux lancer un appel ici aux amoureux et aux acteurs du cinéma à Grenoble, je ne comprends pas l’attitude qui consiste aujourd’hui de la part de certains à taper sur le dossier du Méliès au principe d’une concurrence qui serait dévoyée alors que ce jeu-là ne fait finalement l’objet que d’une chose, le cinéma commercial contre lequel je n’ai rien parce qu’il en faut. (...)

Donc oui, la Ville de Grenoble s’est engagée et souhaite le faire avec Eliane Baracetti, adjointe à la Culture, elle sait que nous continuerons ensemble à soutenir ce dossier. Oui le Département le fera et la Région aussi, mais je veux que nous disions ici notre colère forte à l’égard du CNC qui a choisi par cette décision et par d’autres (on peut parler d’un autre Méliès à Montreuil par exemple) qui a choisi par cette décision de donner un signe extrêmement négatif non seulement au public mais aussi aux professionnels du cinéma. (...)

Aujourd’hui il n’y a plus de parole du CNC mais, il y a depuis quelques jours le club des 13 qui a pointé les difficultés du cinéma français, je crois que les difficultés nous pouvons les relever aussi si nous faisons en sorte qu’à côté du cinéma commercial il y ait aussi ce cinéma de qualité français et étranger à destination de nos plus jeunes et des moins jeunes avec une médiation avec un travail fait avec la communauté éducative et j’en ai déjà parlé ici à Grenoble, ville de 60.000 étudiants, nous expliquer que 6 écrans d’Art et d’Essai c’est déjà beaucoup dont 5 qui sont non accessibles aux personnes handicapées je veux aussi le dire au Club en particulier, je trouve que franchement ces prétextes-là soit manquent de sérieux soit sont totalement fallacieux et je ne cache pas depuis 2 mois ma colère n’est pas tombée et je voulais simplement dire à Madame Cayla, notre projet autour du Méliès est un projet certes ambitieux mais qui reste mesuré, un projet ouvert, un projet sympathique, un projet qui doit donner du plaisir et j’ai envie de venir lui dire tout simplement : venez voir le film que nous avons envie de jouer avec vous et qui s’appelle à Grenoble « Bienvenue chez les petits ».

Jérôme SAFAR,
Premier adjoint au Maire - Ville de Grenoble.
Conseiller Régional.