La dernière séance en Arc-en-ciel

Vincent Vantighem - ©2008 20 minutes
le 02/07/2008


Indiana Jones a trouvé le crâne de cristal. Et le rideau s'est baissé. Le cinéma Arc-en-Ciel de Liévin, l'un des derniers complexes d'art et essai à survivre dans le bassin minier, a fermé ses portes hier soir. Acculé par la baisse des subventions et la fin des contrats aidés, Hassan Amrani, le directeur, a préféré mettre la clé sous la porte. « La subvention du Centre national du cinéma est passée de 33 000 euros en 2002 à 8 000 euros aujourd'hui, déplore-t-il. Et avec la fin des contrats aidés en 2009 (60 000 euros en moins), on ne peut plus tenir. »

Ce ne sont pas les 22 spectateurs en moyenne par séance qui pourront sauver les trois petites salles de l'établissement mythique. Le prix du ticket oscille en effet entre 2,30 euros et 4,50 euros. « On a très mal pour notre cinéma, réagit Hélène Flament, adjointe (PS) en charge de la Culture à la mairie. Mais nous ne pouvons pas assumer le désengagement de l'Etat. »

Pourtant, 3.000 irréductibles cinéphiles ne se satisfont pas des arguments avancés. Ils ont signé une pétition pour la sauvegarde du cinéma. A l'origine de cette action, Valérie Fayt, une riveraine : «Des solutions existent, assure-t-elle. Nous avons par exemple proposé d'augmenter les tarifs d'un euro par spectateur. » Hélène Flament balaie la proposition d'un revers de main : « Cela ne suffirait pas. Et puis Liévin est déjà une ville très pauvre.» Ce ne sont pas les trois salariés du cinéma, bientôt licenciés, qui la contrediront.