Le Blac (Collectif national de l'action culturelle cinématographique et audiovisuelle) soutient le Méliès à Grenoble

Cher Bruno,

Tu le sais je ne peux être là pour la Conférence de Presse et je le regrette sincèrement ....Bayonne..... Grenoble c’est pas facile et impossible en partant à 8H00 de Bayonne. Mais je suis de tout cœur avec vous pour revendiquer la légitimité de l’extension du Méliès. Je souhaite ici, en deux mots, rappeler le travail exemplaire du Méliès, sa rigueur, sa continuité, son engagement exceptionnel dans la formation des publics et particulièrement du jeune public. Ces spectateurs de demain qui aujourd’hui ont quelque peu tendance à délaisser les salles obscures pour d’autres pratiques. Des évolutions à analyser...et des conclusions qui à mon sens, n’iront pas forcément en faveur d’un certain type d’exploitation commerciale qui occupe aujourd’hui majoritairement le territoire, je veux parler des Multiplexes. A côté de ce type d’exploitation existent d’autres salles (8% du Marché ), à taille “humaine”, lieux de rencontre, de socialisation, d’une vraie pratique culturelle du cinéma, lieux où le cinéma comme art existe encore... je veux parler de ces quelques centaines de salles où le directeur et son équipe partagent leur passion commune du cinéma, la transmette et favorisent la rencontre du public avec des œuvres et des réalisateurs... je veux, bien entendu parler du Méliès et de son exemplarité au long cours ! Empêcher le Méliès de s’agrandir, d’offrir plus de films, plus de rencontres, c’est tout simplement indigne pour la diversité culturelle française, car c’est se soumettre à la seule loi du plus fort (celui qui veut tout, y compris les miettes du Méliès). Ce qui me choque c’est qu’un organisme qui est censé représenter et défendre toutes les salles, y compris les petites et les salles publiques, prenne partie pour les plus forts. Et, ce qui me choque encore plus, c’est l’attitude des Pouvoirs publics, qui par leur refus d’aider le Méliès, remettent en cause le système français de l’exception culturelle. Il faut que le dossier du Méliès soit réexaminé par le CNC et la Commission. C’est indispensable et vital pour la création, la diffusion et les publics.

Eugène Andréanszky,
Collectif pour l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle